Collection Permanente, Tools Galerie

Sous le titre de Collection Permanente, la Tools Galerie revient sur les œuvres phares de ses designers, qui ont été présentées au cours de l’année passée et qui sont aujourd’hui réunis pour une exposition collective. Passage en revue….

Cet ensemble hétéroclite et coloré de mobilier, luminaires et objets, nous permet de découvrir ou de revoir les créations des designers de la galerie. On y retrouve pêle-mêle Ionna Vautrin, Chris Karbel, Marteen Baas, Olivier Peyricot, Toni Grilo, Olivier Sidet ou encore Jo Meester. Depuis sa création en 2003, la Tools Galerie s’est spécialisée dans l’édition de pièces en série limitée de designers déjà confirmés mais aussi de jeunes talents. La galerie ne se veut pas seulement un lieu de production, mais plutôt un lieu de recherche et d’émulation autour de projets souvent innovants.

C’est ainsi qu’ont pu voir le jour les luminaires de Ionna Vautrin, exposés pour la première fois en mars 2010. Ces lampes à poser ou suspendre se dénomment Moai, *leur allure hiératique rappelant peut-être les célèbres statues peuplant l’Île de Pâques. Elles reposent sur une base en aluminium, sorte de cône tronqué, surmontée d’une structure de dix « peignes » d’aluminium retenant dix feuilles de polycarbonate. Ces feuilles,  formant le diffuseur lumineux, évoquent les lampions asiatiques. Certaines sont laissées blanches, d’autres sérigraphiés selon des motifs tout à fait japonisants. La conception, malgré un rendu final dissymétrique, ne laisse rien au hasard. En effet, chaque feuille est modélisée selon des calculs mathématiques. Cela n’enlève rien à la poésie de ces lampes, occupant l’espace par leur immobilité de statue. Cette série de 15 exemplaires, dont chacun est différent et unique, est aujourd’hui entrée dans les collections du Fond National d’Art Contemporain (FNAC) et a reçu fin 2010 le Grand Prix de la Ville de Paris. Une autre pièce de Ionna Vautrin toute aussi intéressante est présentée dans l’exposition. Il s’agit du *Préau Lumineux (2009), une avancée lumineuse en aluminium et sycomore, sortie tout droit de nos souvenirs d’écoliers, pour nous abriter de l’extérieur le temps d’une lecture ou d’une rêverie.

Parmi les pièces de cette Collection Permanente, prend place la table HP toute en fragments d’Olivier Peyricot. Il s’agit d’une table basse, en marbre de carrare, sur piètement métallique, séparable en cinq sections aux découpages évoquant les rouages d’un système d’horlogerie, et s’imbriquant les unes dans les autres. Tout près, nous retrouvons les poufs Crochet de Jo Meester, réalisés en laine au crochet. Ou bien encore le Vase Fantôme tripartite d’Olivier Sidet, image de trois moments différents du tournage de la céramique, et une version du Money Vase de Chris Kabel, agglomération de pièces de monnaie moulée en bronze ou en porcelaine.

Au milieu de ces pièces étonnantes, se dresse l’étagère  de la série Clay Furniture de Marteen Baas, dont on ne sait plus très bien si elle ne va pas basculer et s’écrouler. L’objet en résine Epoxy semble pourtant avoir des pieds d’argile, trop frêles pour le porter. Toute la série des Clay Furniture, est faite selon le même procédé, des sièges sur lesquels on n’ose s’avoir, ou des guéridons branlant. Le designer s’était fait connaitre en 2004 avec son mobilier de style, calciné, Smoke Furniture.

Rien de comparable donc à la petite Shiny Table *de Ineke Hans, se tenant tranquille dans son coin. Toute en métal, elle brille de mille feux, son plateau à effet optique étonnant renvoyant la lumière. Ses pieds sont recouverts d’un ruban adhésif chromé. On retrouve ce même procédé sur les pieds de la lampe *Tree of Light, le ruban adhésif imperméabilisant on ne sait quoi de cette structure éclairante toute en chrome. Tous ces reflets métalliques nous conduisent vers le siège Chippensteel d’Oskar Zieta, réalisé en métal soufflé (inox, cuivre ou acier), lui conférant une apparente légèreté.

Collection Permanente nous offre une belle séquence de design contemporain. Il aurait pu être intéressant de présenter les pièces selon une thématique particulière, donnant une consistance à l’exposition collective. Malgré l’exiguïté des lieux, privant les pièces de l’espace nécessaire pour se révéler pleinement, la visite vaut le détour.