Le Paris théâtral de Napoléon 2/3

2. Le Consulat, ou la mise au pas des théâtres parisiens
Le coup d’état du 18 Brumaire 1799 amorce de nombreux changements dans la vie parisienne et française. La liberté de la presse est fortement réduite, le nombreux de journaux autorisés est en chute libre. La liberté d’expression se dégrade, y compris dans les théâtres. En juillet 1800, la police des théâtres est placée sous l’autorité du Préfet de Police de Paris, tout récemment créé. En février 1802, deux pièces sont successivement interdites par la censure. L’antichambre ou les valets entre eux, est interdite après sa première à l’Opéra Comique. Son auteur E. Dupaty passe plusieurs mois en prison. A la Comédie Française, A. Duval fait jouer Edouard en Ecosse, pièce qui obtient un certain succès auprès des royalistes et voit dont son interdiction. L’auteur prenant les devants s’exile en Russie. Napoléon a de la considération uniquement pour le théâtre officiel, c’est-à-dire pour l’Opéra et la Comédie Française. Il s’y montre d’ailleurs très régulièrement, environ deux fois par mois, toujours placé dans la loge d’avant-scène pour être bien vu et pour pouvoir observer. On estime qu’il aurait assister à près de 400 représentations entre 1800 et 1815. Il apprécie plus particulièrement la Tragédie et Corneille. Il apporte également un soutien financier à la Comédie-Française, et l’invite à venir jouer dans les théâtres des palais impériaux de Saint-Cloud, Compiègne ou Fontainebleau. Napoléon est également depuis de nombreuses années un admirateur de l’acteur Marie-Joseph Talma, et son ami. Talma, né en 1763, est un fils de valet de chambre mais il a eu la possibilité de faire des études et de partir vivre six ans en Angleterre où il sera très influencé par le théâtre Shakespearien. En 1785, de retour à Paris, il exerce quelques temps la profession de dentiste (!) avant d’entrer l’année suivante au Conservatoire et de débuter à la Comédie-Française en novembre 1787. Dès avril 1789, il en devient sociétaire et impose le port de la toge, les chaussures à la romaine et les cheveux courts dans les représentations des tragédies antiques. Au mois de novembre, il triomphe avec le Charles IX de Chénier et s’impose comme un grand comédien. Après la chute de l’Empire, il négociera avec les royalistes pour conserver sa place. A sa mort en 1826, il refuse les derniers sacrements et demande un enterrement civil, ce qui provoqua un scandale. La Comédie-Française marque un deuil de 3 jours en faisant relâche en son honneur. Napoléon s’intéresse aussi beaucoup à l’Opéra, tous les lundis il détermine le programme de la semaine à venir, toujours  dans l’optique de flatter la vanité nationale. Entre 1803 et 1806, il fai doubler le budget du lieu. En juillet 1804, le théâtre de l’Impératrice devient le 3° théâtre officiel, composé de la troupe du théâtre de l’Odéon et d’une troupe de chanteurs italiens. Le 4° théâtre officiel est l’Opéra Comique, installé dans la salle Favart depuis 1801, et qui connait un immense succès en 1810 avec une adaptation de Cendrillon. Hormis ces quatre théâtres officiels, les autres lieux de spectacles de la capitale ne sont pas du tout pris en considération par l’Empereur. Depuis 1802, le Théâtre de la Porte Saint Martin est en concurrence avec les théâtres officiels, car il produit de très bons ballets.
*notes prises lors  de la conférence de Jean-Claude Yon, à l’Ecole du Louvre, lors des cours de la ville de Paris le vendredi soir. Illustrations : Courtesy de [l’association de la régie théâtrale](http://http://www.regietheatrale.com) *