Le Paris théâtral sous Napoléon 1/3

  1. Les théâtres parisiens sous le Directoire

Sous le Directoire, période historique qui voit une succession de coups d’état, les théâtres sont des lieux privilégiés pour l’expression des idées politiques. Les théâtres doivent épurer les moeurs et diffuser les principes républicains depuis la Révolution. Certains termes sont mêmes supprimés des textes des pièces. Mais dans la réalité, les mesures ne sont pas vraiment appliquées. Le pouvoir en place se méfie des auteurs dramatiques parce qu’ils ne soutiennent pas assez les idées politiques en vigueur. La censure est très forte.
Cependant un secours financier est apporté aux théâtres qui ont peine à survivre face à la multiplication des salles à Paris. Nombreux sont les théâtres à être dans une situation financière précaire. A ces difficultés, s’ajoute l’obligation de reverser la taxe du droit des pauvres, prélèvement d’un 1/10° de la recette au profit des indigents. A noter que cette taxe instaurait au XVII° siècle perdurera jusqu’en 1941!
L’Opéra pour sa part, est le plus habile (déjà!) pour obtenir un soutien financier conséquent des pouvoirs publics et différents dons comme des armes de l’armée en guise d’accessoires…
La Comédie Française, scindée en deux troupes à la Révolution, d’un côté le théâtre de la République et de l’autre le théâtre de la Nation, est reformée le 30 mai 1799 suite à la signature d’un accord avec le gouvernement, et se réinstalle dans la salle historique accolée au Palais-Royal. Les premières représentations données sont le Cid avec Talma en vedette, et L’Ecole des Maris avec Mademoiselle Mars.
Se pose la question de la liberté des théâtres obtenue à la Révolution. Faut-il maintenir cette liberté d’établissement ou réduire le nombre de salles? En 1799, les auteurs dramatiques adressent une pétition au gouvernement en faveur de cette limitation. Deux grands secteurs parisiens vont se dégager : autour de la rue de Richelieu et du Palais-Royal se regroupent 7 grands théâtres dont l’Opéra, la Comédie Française, l’Opéra Comique, l’ancien Théâtre de Variétés… Sur le boulevard du Temple, les amateurs de théâtres populaires y trouvent leur compte.
Le coup d’état du 18 Brumaire 1799 va annoncer un certain nombre de changements importants.

*notes prises lors  de la conférence de Jean-Claude Yon, à l’Ecole du Louvre, lors des cours de la ville de Paris le vendredi soir.
Illustrations : Courtesy de l’association de la régie théâtrale *