Le Paris théâtral sous Napoléon 3/3

  1. 1806-1807 Vers un retour aux privilèges

Par un décret du 8 juin 1806, Napoléon décide qu’aucun autre théâtre ne pourra désormais s’établir à Paris sans son autorisation, comme sous l’Ancien Régime, et toute nouvelle pièce créée doit être soumise à son approbation. De plus, chaque théâtre doit avoir un genre précis et s’y tenir. Le théâtre des Variétés pâtit de cette réglementation. Créé en 1790 au Palais-Royal, il est en concurrence avec la Comédie-Française que sa trop grande proximité dérange. Le théâtre des Variétés est contraint de déménager sur le boulevard Montmartre en 1807, dans une nouvelle salle où il se trouve encore aujourd’hui.
Le 25 avril 1807, un deuxième décret est promulgué par l’Empereur, il décide qu’il n’y aura plus que deux catégories de théâtres à Paris, les théâtres officiels et les théâtres secondaires. Un troisième décret (29/07/1807) officialise le système des privilèges, qui organise les théâtres à Paris et en Province. Désormais il n’y a plus que huit théâtres autorisés dans la capitale, soit un peu moins que sous l’Ancien Régime. La liste comprend les quatre grands théâtres officiels (la Comédie-Française, l’Opéra, le théâtre de l’Ipératrice et l’Opéra Comique), et quatre théâtres dits secondaires (la Gaïté et l’Ambigu Comique pour la tragédie, et les théâtres des Variétés et du Vaudeville pour la Comédie). Tous les autres théâtres parisiens doivent avoir fermé leurs portes au 15 août, sans aucune compensation !  Les salles se reconvertissent en spectacles de curiosité, en salle de bal ou en cafés en attendant des jours meilleurs. L’attitude du gouvernement est plus conciliante à l’attention du cirque olympique qui propose du théâtre équestre et des pièces militaires à la gloire de l’Empereur. Le spectacle des Funambules sur le boulevard du Temple est également toléré.
En 1812, en pleine campagne de Russie, l’Empereur fait rédiger le décret dit de Moscou du 15 octobre 1812, qui pense la réorganisation complète de la Comédie-Française.
Napoléon rétablit par le biais de ces différents décrets un système de contrôle directement inspiré de l’Ancien Régime. Mais ce cadre très étroit sera aboli par son neveu Napoléon III en 1864.

*notes prises lors  de la conférence de Jean-Claude Yon, à l’Ecole du Louvre, lors des cours de la ville de Paris le vendredi soir.
Illustrations : Courtesy de l’association de la régie théâtrale *