Solovki ou la bibliothèque disparue

Solovki un nom tristement célèbre, non moins pour son magnifique monastère-kremlin, que pour le sinistre camp de rééducation par le travail stalinien qu’abrite l’archipel…Ce que l’on sait moins, au-delà d’être présenté comme un centre exemplaire par le régime soviétique, c’est que le lieu était un centre intellectuel très actif de par l’origine de ses prisonniers. En effet, une grande part des intellectuels, scientifiques, opposants politiques ou non, étaient envoyés jusqu’à la fin des années 1930 au goulag des Solovki. Une société intellectuelle locale y vit le jour, donnant de multiples conférences à destination des prisonniers, et surtout une riche bibliothèque de plus de 30 000 ouvrages en langues russe et étrangères.

A la fermeture du camp, nul ne sait ce qu’il advient de la bibliothèque…A partir de 2011, Olivier Rolin s’est lancé sur les traces de cette bibliothèque disparue. Après de vaines recherches sur place, avec l’aide d’une association œuvrant pour la mémoire des prisonniers et déportés, il est parvenu à mettre la main sur quelques rares livres sauvés on ne sait comment de l’anéantissement. Un très beau documentaire a été réalisé à ce sujet avec Elisabeth Kapnist.

Solovki la bibliothèque disparue

 A l’occasion de ses recherches, l’auteur-voyageur a également eu connaissance de la correspondance qu’un prisonnier, météorologue à la vie civile, adressait à sa femme et sa petite fille. Partant de ces lettres et des archives de la police politique soviétique, Guépéou, NKVD ou KGB selon les époques, Olivier Rolin nous fait revivre les années de détention d’Alexeï Féodossévitch Vangengheim jusqu’à son exécution par une froide nuit dans son dernier roman *le Météorologue *et dans un documentaire photographique avec Jean-Luc Bertini paru aux éditions le Bec en l’Air.

A l’occasion de la 6ème édition du festival RussenKo au Kremlin-Bicêtre, le documentaire sera diffusé le samedi 31 janvier à 15h à la médiathèque l’Echo, et suivi d’une rencontre avec l’auteur.