Mon aïeul ce poilu !

Cet été en rangeant des photos et documents de famille collectés chez mon grand-père, je suis tombée sur le livret de famille des parents de ma grand-mère maternelle, les grands parents de ma mère. Ayant fait quelques recherches du côté paternel il y a quelques années, je tiens là une occasion de poursuivre mes recherches sur l'autre branche de l'arbre. Le développement massif des sites web à ce sujet et de la numérisation des archives me facilitent le travail. Grâce à ce livret de famille, rapidement j'en apprends plus sur cet homme, mort trop tôt, que personne n'a connu dans la famille.
Hubert Dhénaut né le 20 mars 1894, à Somain petite commune du département du Nord, en pleine région minière. Jusque là rien de particulier,je le savais plus ou moins par les récits de mes oncles et tantes les plus âgés. Dans la famille circule un récit comme quoi ma grand-mère s’est retrouvée orpheline très jeune. Sa mère étant morte en 1936, lorsqu'elle avait dix ans, l'information se confirme. Mais son père, bien que mort jeune, décède en 1947 alors qu'elle a déjà 21 ans. Lorsque je montre l'avancée de mes recherches, ma mère n'y croit pas, me rappelant ce récit. C'est seulement en voyant la date dans le livret de famille qu'elle réalise qu'elle ne sait peut-être que ce qu'on a bien voulu lui dire. D'autres membres de la famille à qui je raconte la même chose, me font la même remarque.
Je connais le visage de cet homme par son carnet de mineur pour les mines d'Aniche. La photo date des années 20, ses cheveux sont bruns, le front haut, les yeux sombres et une moustache bien fournie. En commençant à rentrer ses informations personnelles dans un arbre généalogique en ligne, je me rends compte qu’il a eu 20 ans en 1914. En pleine période de commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, je me plonge dans les registres militaires pour vérifications. Sa description physique m’est ainsi confirmée, 1m58 je vois d’où nous vient notre petite taille dans la famille!
Hubert Dhénaut est mobilisé dans le 43ème régiment d'infanterie de Lille à compter du 17 novembre 1914. Il passera par l’Aisne de fin 1914 à 1916, avant Verdun de fin février à avril 1916, puis la Somme à l’été, l’Aisne à nouveau, enfin le Chemin des Dames en avril 1917. Rapidement il demande à être intégré au 62ème régiment d’artillerie luttant contre les aéronefs, avec les fameux canons de 75. La demande lui sera accordée seulement en juillet 1917. Entre temps il est blessé au thorax, aux deux fesses et au mollet droit par des éclats d’obus. Ses blessures lui seront reconnues comme handicapantes créant “une douleur à la marche”, d’abord avec 10% d‘invalidité, puis une révision en 1920, en dessous de ce taux. En octobre 1917, il passe au 63ème régiment de cartouchiers, en octobre 1918 au 166ème régiment CA. C.. Il sera finalement démobilisé le 10 août 1919, après un passage au 63ème régiment d’artillerie D.C.A..
Il rentre à Somain quelques temps, mais une adresse le signale à Montrouge en décembre de la même année. Son mariage avec Marcelle Simonin aura d’ailleurs lieu à Paris le 28 février 1920. Qu’est-ce-qui l’a poussé à descendre dans la capitale? Une chose est certaine, c’est là-bas qu’il rencontre sa future épouse, celle-ci étant originaire d’un petit village de la Meuse, Noyers-le-Val. Ils s’installent à Somain en début d’été. Suivront diverses affectations en tant que réserviste, puis finalement une affectation spéciale en 1928 à la compagnie des Mines d’Aniche. Entre temps, ses deux filles sont nées en 1921 Fernande, puis Violette ma grand-mère en 1926.